Vérifié le 01/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Votre époux ou épouse adopte un comportement qui ne permet plus le maintien de la vie à 2 ? Vous pouvez demander un divorce pour faute. La procédure se déroule devant le juge. Le divorce est prononcé s'il y a violation grave des devoirs et obligations du mariage. Nous vous présentons les informations à connaître.
Vous pouvez demander un divorce pour faute si vous reprochez à votre époux ou épouse une <span class="miseenevidence">violation grave ou renouvelée </span>des droits et obligations issus du mariage.
Cette violation doit <span class="miseenevidence">rendre intolérable le maintien de votre vie commune</span>.
Faits imputables à l'autre époux
Vous devez prouver une faute commise par votre époux ou épouse.
Violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations issus du mariage
Les devoirs du mariage sont la <span class="miseenevidence">fidélité, le secours, l'assistance, le respect</span>. Ils continuent à s'appliquer pendant <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R45748">l'instance</a> en divorce.
Les obligations du mariage sont la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F966">contribution aux charges du mariage</a> et la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R52145">communauté de vie</a>.
Certains faits uniques suffisamment graves peuvent entraîner le divorce (un acte de violence par exemple).
D'autres faits, s'ils n'arrivent qu'une fois, ne justifient pas le divorce, mais leur répétition peut avoir cette conséquence (un comportement méprisant ou injurieux répété par exemple).
Maintien de la vie commune intolérable
Les faits commis <span class="miseenevidence">doivent vous empêcher de continuer à vivre avec votre époux ou épouse</span>.
Ils doivent avoir lieu pendant le mariage (ou pendant l'instance en divorce).
Certains faits antérieurs au mariage peuvent être retenus (par exemple, la dissimulation d'un état mental déficient).
Si les faits sont anciens, que vous les avez acceptés en adoptant un certain mode de vie, ils ne rendent pas intolérables le maintien de la vie commune.
À savoir
Le comportement d'un époux peut excuser les agissements de l'autre (par exemple, abandon du domicile conjugal excusé quand l'épouse craint pour elle-même ou ses enfants les violences commises par son mari).
Un époux ou épouse peut reprocher une ou plusieurs fautes à l’autre époux.
C’est au juge aux affaires familiales d’évaluer chacune des fautes reprochées.
Voici une liste non limitative de comportements fautifs :
Adultère
L’époux ou épouse qui commet un adultère (une liaison cachée, l'installation en concubinage ...) ne respecte pas <span class="miseenevidence">l’obligation de fidélité</span>.
Un adultère commis par chaque époux n'est pas fautif si les époux ont mutuellement entendu vivre librement une liaison extraconjugale.
À savoir
Même si les témoignages produits n'établissent pas l'adultère de l’époux ou l’épouse, les faits peuvent être retenus par le juge comme fautifs s'ils démontrent l'attitude injurieuse d’un des époux.
Abandon du domicile conjugal
Les époux s'obligent mutuellement à une <span class="miseenevidence">communauté de vie</span>.
La <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R18579">résidence</a> de la famille est choisie d'un <span class="miseenevidence">commun accord</span>.
L'époux ou épouse qui <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F11301">abandonne le domicile conjugal</a> sans y être autorisé par le juge ou par l’autre époux ou épouse commet une faute pouvant entrainer le divorce à ses torts.
Le juge peut aussi examiner la communauté de vie sur le plan affectif.
Il peut y avoir respect par les époux de la communauté de vie alors même <span class="miseenevidence">qu’ils vivent séparément pour des raisons professionnelles</span>.
Non-participation aux charges du mariage
Un époux ou une épouse qui ne <span class="miseenevidence">contribue pas financièrement et à la hauteur de ses possibilités aux dépenses courantes du ménage</span> ne respecte pas le devoir de secours et d’assistance.
Ce comportement peut entraîner un divorce pour faute.
À savoir
Vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales pour contraindre votre époux ou épouse à <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F966">contribuer aux charges du mariage</a>. Le juge détermine le montant dû par l'époux ou épouse défaillant(e).
Défaut de soins
Le comportement de l’époux ou épouse qui s’abstient <span class="miseenevidence">d’aider matériellement ou moralement son époux ou épouse face à la maladie ou à la vieillesse</span> est un manquement. L’époux ou épouse a une obligation de secours et assistance envers l’autre époux ou épouse.
Ce comportement peut entraîner un divorce pour faute.
Comportements violents ou injurieux
Une atteinte à la dignité, à l’intégrité physique ou psychologique d’un époux ou épouse est un manquement au <span class="miseenevidence">devoir de respect</span> entre époux.
Tel est le cas lorsqu’un époux ou épouse comment des <span class="miseenevidence">violences</span> ou adopte un comportement <span class="miseenevidence">injurieux</span> à l’égard de l’autre époux.
Ces comportements irrespectueux peuvent entraîner un divorce pour faute.
Comportement déloyal
Un manquement au <span class="miseenevidence">devoir de loyauté</span> entre époux est une faute pouvant entraîner un divorce pour faute.
Les comportements déloyaux sont divers.
Il peut s’agir, par exemple, <span class="miseenevidence">d’un époux ou épouse qui dissimule à l’autre des faits antérieurs au mariage</span> tel qu’un passé pénal.
Il peut aussi s’agir d’un époux ou épouse qui <span class="miseenevidence">effectue des opérations financières</span> dans le dos de l’autre.
En matière de divorce, la preuve se rapporte <span class="miseenevidence">par tout moyen</span>, y compris <span class="miseenevidence">l’aveu</span> (effectué dans des conclusions par exemple).
Tous les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1800">modes de preuve du procès civil</a> sont valables.
Le juge peut écarter des débats un élément de preuve dont un époux ou épouse veut faire usage s'il a été obtenu par violence ou fraude.
Échanges écrits
Il peut par exemple s’agir de courriers, de sms, de mails, d’échanges sur les réseaux sociaux.
Il peut s’agir aussi bien d’échanges entre les époux que des échanges entre un époux et un tiers.
Enregistrements vocaux
Les enregistrements vocaux sont des preuves recevables devant le juge (par exemple un enregistrement sur un répondeur).
Cependant, le fait d'enregistrer secrètement une conversation dans un lieu privé ou public, à titre privé ou confidentiel, <span class="miseenevidence">sans le consentement de la personne </span>constitue une <span class="miseenevidence">atteinte à la vie privée</span>. Une telle preuve serait jugée irrecevable, car obtenue par fraude.
À savoir
L’époux ou épouse doit faire transcrire l’enregistrement par un commissaire de justice avant de le présenter en justice.
Constats de commissaire de justice
Le <span class="miseenevidence">constat du commissaire de justice</span> est une preuve particulièrement valable, car ce qui est acté dans le constat est <span class="miseenevidence">difficilement contestable</span>.
En effet, les constatations matérielles faites par un huissier dans un constat <span class="expression">font foi jusqu’à preuve du contraire</span>.
Dans un divorce pour faute, un époux ou épouse peut faire établir un constat de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F2158">commissaire de justice</a>, en particulier pour <span class="miseenevidence">prouver un adultère ou l’abandon du domicile conjugal</span>.
Pour faire établir un constat d'adultère, l’avocat de l’époux ou épouse doit présenter une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12542">requête</a> au juge aux affaires familiales. Le juge peut autoriser ou non l’établissement d’un tel constat.
L'autorisation judiciaire est nécessaire dès que le constat d’adultère doit être fait en dehors du domicile des époux. En revanche, il n’est pas nécessaire quand le constat doit être effectué au domicile des époux.
Le constat dressé à la demande d’un époux sans autorisation judiciaire est écarté des débats s'il y a violation de domicile ou atteinte à l'intimité de la vie privée.
À savoir
Un époux ou épouse peut également faire appel à un détective privé pour compléter ses preuves.
Témoignages et attestations
Les époux peuvent faire établir des<span class="miseenevidence"> attestations par leurs proches ou par des tiers</span>.
Les témoignages des membres de la famille <span class="miseenevidence">sont admis sauf ceux des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12574">descendants</a></span>.
L’auteur de l’attestation doit <span class="miseenevidence">relater des faits auxquels il a assisté ou qu’il a personnellement constatés</span>.
Le formulaire suivant permet de recueillir les témoignages :
formulaireNG Modèle d'attestation de témoin
Cerfa n° 11527*03
L'attestation doit être écrite, datée et signée de la main de son auteur qui doit lui annexer, en original ou copie, une pièce d'identité.
À noter
De manière exceptionnelle, un témoignage peut être recueilli par enquête. C’est en particulier le cas si la personne peut témoigner uniquement à l’oral.
Certificats médicaux
<span class="miseenevidence">En cas de violences</span> commises par l'époux ou l’épouse sur sa famille, la preuve des blessures s'effectue par certificat médical.
Si les blessures ne sont pas constatées en <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R71124">UMJ</a> lors d’un dépôt de plainte, il est conseillé de faire constater les blessures par un médecin le plus rapidement possible.
Les certificats médicaux peuvent aussi servir à prouver l’existence d’une maladie (si un époux ou épouse reproche à l’autre un manque d’assistance face à la maladie).
Mains courantes et plaintes
Les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F11182">mains courantes</a> sont des <span class="miseenevidence">déclarations effectuées au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie</span> et conservées dans un registre de police.
Elles n'ont <span class="miseenevidence">aucune valeur juridique</span>, mais peuvent être invoquées à l'occasion de la procédure de divorce devant le juge comme <span class="miseenevidence">commencement de preuve</span>.
Une main courante peut, par exemple, éclairer le juge sur le départ du domicile conjugal d'un des époux.
Les <span class="miseenevidence">plaintes</span> peuvent également être communiquées dans la procédure de divorce si elles permettent d’éclairer le juge sur les fautes commises.
Vous <span class="miseenevidence">ne devez pas demander le divorce pour faute dès le début de la procédure</span>, c'est-à-dire dans <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12538">l'assignation</a> en divorce.
La demande doit être présentée plus tard dans vos <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R61996">conclusions</a>.
À savoir
Le divorce peut être demandé aux torts exclusifs d'un époux ou épouse ou bien aux torts partagés des époux.
Procédure
La <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F35837">procédure de divorce</a> se déroule devant le <span class="miseenevidence">juge aux affaires familiales</span>.
Pour présenter votre demande en divorce, vous <span class="miseenevidence">devez prendre un avocat</span>.
En cours de procédure, si vous trouvez un accord avec votre époux ou épouse, et si vous le souhaitez, vous pouvez demander à changer de type de divorce (<span class="expression">on parle de « passerelle »</span>).
Vous pouvez passer à un des divorces suivants :
<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F10567">Divorce par consentement mutuel</a>
<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F10569">Divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage</a>
<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F10568">Divorce pour altération définitive du lien conjugal</a>.
À savoir
Si une demande de divorce pour faute et une demande pour altération définitive du lien conjugal sont présentées en même temps, le juge examine d'abord la demande pour faute. En cas de rejet de la demande de divorce pour faute, le juge statue ensuite sur la demande en divorce pour altération définitive du lien conjugal.
Prononcé du divorce
Le juge prononce le divorce <span class="miseenevidence">aux torts exclusifs</span> d'un époux ou épouse s'il est établi qu'un seul époux a commis une faute.
Si les 2 époux ont invoqué des fautes et que chacun des deux époux est reconnu fautif, le divorce est prononcé <span class="miseenevidence">aux torts partagés</span>.
À savoir
À la demande des époux, le juge peut prononcer le divorce pour faute sans énoncer les torts des époux dans le jugement.
Coût du divorce
Vous devez régler les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F15018">honoraires de votre avocat</a>.
Si vous êtes l’époux demandeur, vous devez également régler un<span class="miseenevidence"> timbre fiscal</span> de <span class="valeur">50 €</span> <span class="miseenevidence">pour introduire votre demande en justice</span>.
Si vos ressources sont insuffisantes pour payer vos frais d’avocat ou de timbre, vous pouvez bénéficier de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F18074">l'aide juridictionnelle</a>.
Les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1816">frais de la procédure</a> (dépens, frais d'avocat) peuvent être mis à la charge de l'époux fautif.
Le prononcé d’un divorce pour faute n’a pas d’effet sur la liquidation et <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F36328">le partage des biens</a> qui doit se faire selon les règles du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R59824">régime matrimonial</a>. Il n’a pas d’effet non plus sur les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F3133">droits et devoirs des parents à l’égard de leurs enfants</a>.
En revanche, il entraine des conséquences sur la prestation compensatoire et l'attribution de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12532">dommages et intérêts</a>.
Absence de prestation compensatoire
Le juge <span class="miseenevidence">peut refuser</span> d'accorder la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1760">prestation compensatoire</a> demandée par un époux ou épouse même si la rupture du mariage crée des disparités dans les conditions de vie respectives.
Le divorce pour faute <span class="miseenevidence">doit être prononcé aux torts exclusifs d'un époux ou épouse. </span>Les circonstances sont appréciées au cas par cas par le juge.
Dommages et intérêts
L'époux ou l’épouse qui obtient un <span class="miseenevidence">divorce aux torts exclusifs</span> de l’autre peut demander au juge de condamner l’époux fautif à verser des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12532">dommages et intérêts</a>.
Les dommages et intérêts sont dus pour réparer les <span class="miseenevidence">conséquences d'une particulière gravité que l’époux ou épouse subit en raison de la dissolution du mariage</span>.
La demande doit être faite <span class="miseenevidence">lors de la procédure en divorce</span>. Elle ne peut pas être faite après le divorce.
L’époux demandeur doit démontrer que le préjudice résulte de la dissolution du mariage et non d'autres circonstances.
À savoir
Les époux peuvent demander des dommages et intérêts sur le fondement de la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R47105">responsabilité civile</a> s’il existe un préjudice différent de celui occasionné par la rupture du mariage. L’époux demandeur doit prouver une faute, un préjudice et un lien de causalité entre la faute et le préjudice.