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Fiche pratique
Compte courant d'associé : fonctionnement et fiscalité
Vérifié le 02/06/2026 - Entreprendre Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Pour faire face au besoin de trésorerie d'une société, les associés, dirigeants ou salariés peuvent mettre à la disposition de la société des fonds appelés <span class="miseenevidence">avances en comptes courants</span>. Ces avances sont considérées comme des prêts donnant lieu au versement d'intérêts. Les intérêts versés aux associés sont déductibles des bénéfices de l'entreprise à condition de respecter certains critères.
Pour faire face à ses besoins de trésorerie, la société peut utiliser différents procédés : recourir à une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F36607">augmentation de capital</a>, emprunter auprès d'un établissement de crédit ou encore <span class="miseenevidence">organiser des avances en compte courant</span> (appelé aussi apports en compte courant).
L'associé ou le dirigeant laisse à la disposition de la société une somme d'argent soit en versant des fonds soit en renonçant temporairement à recevoir certaines sommes. Le compte courant d'associé s'analyse en un prêt qui donne à l'associé ou au dirigeant prêteur la qualité de créancier social.
Les modalités du compte courant (rémunération, durée, remboursement, etc.) sont précisées par les statuts ou dans une <span class="miseenevidence">convention de compte courant</span> (c'est-à-dire un contrat) conclu entre la société et l'associé.
Qui peut réaliser des avances en compte courant d'associé ?
Les personnes pouvant réaliser des avances dites <span class="expression">en compte courant </span>et ainsi bénéficier d'un <span class="miseenevidence">compte courant d'associé</span> sont les suivantes :
- Associés et actionnaires, <span class="miseenevidence">personnes physiques</span> quel que soit le nombre de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R60416">parts sociales</a> ou d'actions détenues dans le capital
- <span class="miseenevidence">Dirigeants</span> : administrateur, membre du directoire et du conseil de surveillance, gérant, président de SAS, directeur général, directeur général délégué de SA ou SAS
- Sociétés commerciales (<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R55196">SA</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R24383">SARL</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38677">SAS</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R55197">SCA</a>) dont les comptes sont certifiés par un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R32143">commissaire aux comptes</a>. Celles-ci <span class="miseenevidence">peuvent consentir</span>, à titre accessoire, <span class="miseenevidence">des prêts</span> à moins de 3 ans à d'autres sociétés avec lesquelles elles entretiennent des relations économiques (on parle de « prêt intergroupe » ou de « pool de trésorerie »).
À noter
Il n'y a pas de compte courant d'associé dans une <span class="miseenevidence">entreprise individuelle</span>.
Quelles sommes peuvent alimenter le compte courant d'associé ?
Le compte courant est alimenté de <span class="miseenevidence">l'une des façons suivantes</span> :
- Par la rémunération du dirigeant
- Par les éventuels <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R1005">dividendes</a> ou remboursements de frais qui n'ont pas été perçus
- Par des sommes d'argent déposées volontairement par l'associé, le dirigeant
Dans tous les cas, la personne qui réalise l'avance en compte courant dispose d'une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R12474">créance</a> à l'égard de la société. Les avances en compte courant sont donc enregistrées au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R57061">passif</a> du bilan de la société.
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Code général des impôts : article 39
Déduction des intérêts des comptes courants d'associés du bénéfice net de la société
Lorsque le compte courant d'associé est <span class="miseenevidence">débiteur</span>, cela équivaut à un <span class="miseenevidence">découvert de compte courant</span>. Cela signifie que l'associé doit de l'argent à la société.
Il est <span class="miseenevidence">interdit</span> aux personnes suivantes d'avoir un compte courant débiteur :
- Dirigeants et associés personnes physiques d'une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R24383">SARL</a>
- Administrateurs et directeurs généraux d'une SA et <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38677">SAS</a>.
En revanche, une personne morale (c'est-à-dire une société) peut avoir un compte courant débiteur. Cette pratique est courante dans les groupes de sociétés.
À noter
Dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38211">SCI</a> et dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R31844">Scop</a>, les comptes courants détenus par les <span class="miseenevidence">associés personnes physiques</span> peuvent être débiteurs.
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Code de commerce : article L223-21
Interdiction pour les dirigeants ou associés de SARL d’avoir un compte courant débiteur
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Code de commerce : article L227-12
Interdiction au président et directeur de SAS d’avoir un compte courant débiteur
Le compte courant d'associé est un <span class="miseenevidence">prêt consenti à la société par un associé</span>. Il peut donc être rémunéré, comme un emprunt bancaire, par le <span class="miseenevidence">versement d'intérêts</span> à cet associé.
Si <span class="miseenevidence">l'associé est une personne physique</span>, la rémunération du compte courant (c’est-à-dire le versement d’intérêts) est optionnelle. L’associé est libre de renoncer à percevoir des intérêts.
En revanche, lorsque <span class="miseenevidence">l'associé est une personne morale</span> (société ou association), le fait d’accorder une avance en compte courant d’associé <span class="miseenevidence">sans aucune contrepartie</span> (donc sans versement d’intérêts) peut être qualifié d’«<span class="expression"><a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R63690">acte anormal de gestion</a></span>» par l’administration fiscale.
Le taux d'intérêt est fixé par les statuts ou par la <span class="miseenevidence">convention de compte courant</span> conclue entre la société et l'associé.
Les intérêts versés aux associés constituent des charges financières qui sont déductibles du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">résultat fiscal</a> de la société.
Toutefois, cette déduction est limitée fiscalement par un taux maximal d'intérêts déductibles, également appelé « taux de référence ». Son montant varie <span class="miseenevidence">en fonction de la date de clôture</span> de l'exercice de la société.
Ainsi, lorsque le taux d'intérêt (fixé par les statuts ou la convention) est <span class="miseenevidence">supérieur au taux de référence</span>, la partie excédentaire des intérêts versés à l'associé <span class="miseenevidence">n'est pas déductible</span> du bénéfice imposable.
Clôture de l'exercice | Taux de référence |
Du 31 mai au 29 juin 2025 | <span class="valeur">5,32 %</span> |
Du 30 juin au 30 juillet 2025 | <span class="valeur">5,16 %</span> |
Du 31 juillet au 30 août 2025 | <span class="valeur">5,07 %</span> |
Du 31 août au 29 septembre 2025 | <span class="valeur">4,97 %</span> |
Du 30 septembre au 30 octobre 2025 | <span class="valeur">4,81 %</span> |
Du 31 octobre au 29 novembre 2025 | <span class="valeur">4,73 %</span> |
Du 30 novembre au 30 décembre 2025 | <span class="valeur">4,64 %</span> |
Du 31 décembre au 30 janvier 2026 | <span class="valeur">4,55 %</span> |
Du 31 janvier au 27 février 2026 | <span class="valeur">4,49 %</span> |
Du 28 février au 30 mars 2026 | <span class="valeur">4,44 %</span> |
Du 31 mars au 29 avril 2026 | <span class="valeur">4,39 %</span> |
Du 30 avril au 30 mai 2026 | <span class="valeur">4,37 %</span> |
Du 31 mai au 29 juin 2026 | <span class="valeur">4,34 %</span> |
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Taux maximal des intérêts déductibles
En général, les conditions de remboursement du compte courant d'associé sont précisées dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F32232">statuts</a> ou dans la convention de compte courant.
En l'absence de précision, la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R12474">créance</a> de l'associé à l'égard de la société est <span class="miseenevidence">remboursable à tout moment</span>.
Lorsque l'associé en fait la demande, la société dispose d'un <span class="miseenevidence">délai de 5 ans</span> à compter de la demande pour rembourser la créance.
À savoir
L'associé peut <span class="miseenevidence">renoncer</span> à son droit à remboursement.
Le remboursement du compte courant peut-il être bloqué ?
<span class="miseenevidence">Bloquer un compte courant d'associé</span> signifie que la société n'a plus l'obligation de rembourser les fonds apportés. La société dispose alors de véritables capitaux permanents.
Cette décision est prise soit à <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R63334">l'unanimité</a> de l'assemblée générale des associés, soit dans une <span class="miseenevidence">convention de blocage</span> (un contrat) signée entre la société et l'associé. Elle sert ainsi de <span class="miseenevidence">garantie</span> à l'occasion de l'octroi de crédits par un établissement bancaire.
La société peut-elle refuser de rembourser le compte courant ?
Lorsque l'associé réclame le remboursement de son compte courant, la société <span class="miseenevidence">ne peut pas le refuser</span> (même en raison de difficultés financières). Elle ne peut pas non plus limiter le remboursement au montant que sa trésorerie peut supporter.
En revanche, la société peut réclamer des <span class="miseenevidence">délais de paiement</span> (limités à 2 ans) pour rembourser le compte courant.
Que se passe-t-il en cas de redressement ou de liquidation judiciaire de la société ?
Après l'ouverture d'une<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R74368"> procédure collective</a>, la société n'a plus le droit de rembourser un compte courant d'associé. L'associé doit donc, comme tout créancier, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F22359">déclarer sa créance</a> auprès du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R60518">mandataire judiciaire</a> ou du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R67385">liquidateur judiciaire</a>.
Dans cette hypothèse, l'associé est remboursé après les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R54850">créanciers privilégiés</a> de la société et si les finances de la société le permettent.
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Délai de paiement limité à 2 ans
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Code de commerce : article L622-24
Déclaration de créances
Les <span class="miseenevidence">règles fiscales applicables</span> aux comptes courants d'associé sont différentes pour la société bénéficiaire des avances et l'associé titulaire du compte courant.
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Les intérêts versés à l'associé sont des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">charges financières déductibles du résultat</a> de l'entreprise à condition que l'entreprise respecte les <span class="miseenevidence">2 conditions</span> suivantes :
- Le capital social est intégralement <span class="miseenevidence">libéré</span> (c'est-à-dire que les associés doivent avoir versé la totalité de leur <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R61783">apport</a> au capital de l'entreprise).
- Le taux d'intérêt pratiqué n'excède pas le <span class="miseenevidence">taux de référence</span> (on se réfère au taux brut avant imposition)
À savoir
Lorsque le taux d'intérêt fixé est <span class="miseenevidence">supérieur au taux de référence</span>, la partie excédentaire constitue une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">charge non déductible</a> du bénéfice de la société. Chaque compte courant doit être examiné séparément et il ne peut y avoir compensation entre un excédent d'intérêt constaté pour un compte courant et une insuffisance pour un autre.
Par ailleurs, les avances en compte courant constituent une forme de <span class="miseenevidence">prêt</span>.
L'entreprise qui en bénéficie doit ainsi déposer <span class="miseenevidence">chaque année</span> une déclaration de contrat de prêt (cerfa n° 10142), au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat.
Formulaire
Déclaration de contrat de prêtCerfa n° 10142
Ministère chargé des finances
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La fiscalité est différente selon que l'associé titulaire du compte courant est une personne physique ou une personne morale.
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Les intérêts perçus par l'associé personne physique constituent des revenus de capitaux mobiliers.
Ils sont imposés au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F2613">prélèvement forfaitaire unique (PFU)</a> de <span class="valeur">31,4 %</span> ou au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F1419">barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR)</a>.
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Lorsque la société est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), les intérêts perçus par l'associé sont des produits financiers imposés à <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F23575">l'impôt sur les sociétés (IS)</a>.
Cependant, lorsque l'entreprise a opté pour l'impôt sur le revenu (IR), les intérêts perçus sont imposés au titre de<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=N23456">l'impôt sur le revenus (IR)</a>dans la catégorie des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F32919">bénéfices industriels et commerciaux (BIC</a>).
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Code général des impôts : article 125 A
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les intérêts des comptes courants d’associés
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Délai de paiement limité à 2 ans
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Code de commerce : article L223-21
Interdiction pour les dirigeants ou associés de SARL d’avoir un compte courant débiteur
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Code de commerce : article L227-12
Interdiction au président et directeur de SAS d’avoir un compte courant débiteur
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Code général des impôts : article 39
Déduction des intérêts des comptes courants d'associés du bénéfice net de la société
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Code général des impôts : article 125 A
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les intérêts des comptes courants d’associés
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Code général des impôts : article 212
Intérêts afférents aux sommes laissées ou mises à disposition d'une entreprise par une entreprise liée, directement ou indirectement
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Taux maximal des intérêts déductibles
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Liasse fiscale du régime réel normal (BIC/IS)
Formulaire
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Déclaration de contrat de prêt
Formulaire
Et aussi
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Fiscalité
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Imposition des produits de placement à revenus fixes
Argent - Impôts - Consommation
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Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement
Fiscalité
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Charges déductibles du résultat fiscal d'une entreprise
Fiscalité
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Déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective
Difficultés financières
