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Fiche pratique
Compte courant d'associé : fonctionnement et fiscalité
Vérifié le 31/03/2026 - Entreprendre Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Pour faire face au besoin de trésorerie d'une société, les associés, dirigeants ou salariés peuvent mettre à la disposition de la société des fonds appelés <span class="miseenevidence">avances en comptes courants</span>. Ces avances sont considérées comme des prêts donnant lieu au versement d'intérêts. Les intérêts versés aux associés sont déductibles des bénéfices de l'entreprise à condition de respecter certains critères.
Pour faire face à ses besoins de trésorerie, la société peut utiliser différents procédés : recourir à une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F36607">augmentation de capital</a>, emprunter auprès d'un établissement de crédit ou encore <span class="miseenevidence">organiser des avances en compte courant</span> (appelé aussi apports en compte courant).
L'associé ou le dirigeant laisse à la disposition de la société une somme d'argent soit en versant des fonds soit en renonçant temporairement à recevoir certaines sommes. Le compte courant d'associé s'analyse en un prêt qui donne à l'associé ou au dirigeant prêteur la qualité de créancier social.
Les modalités du compte courant (rémunération, durée, remboursement, etc.) sont précisées par les statuts ou dans une <span class="miseenevidence">convention de compte courant</span> (c'est-à-dire un contrat) conclu entre la société et l'associé.
Qui peut réaliser des avances en compte courant d'associé ?
Les personnes pouvant réaliser des avances dites <span class="expression">en compte courant </span>et ainsi bénéficier d'un <span class="miseenevidence">compte courant d'associé</span> sont les suivantes :
- Associés et actionnaires, <span class="miseenevidence">personnes physiques</span> quel que soit le nombre de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R60416">parts sociales</a> ou d'actions détenues dans le capital
- <span class="miseenevidence">Dirigeants</span> : administrateur, membre du directoire et du conseil de surveillance, gérant, président de SAS, directeur général, directeur général délégué de SA ou SAS
- Sociétés commerciales (<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R55196">SA</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R24383">SARL</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38677">SAS</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R55197">SCA</a>) dont les comptes sont certifiés par un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R32143">commissaire aux comptes</a>. Celles-ci <span class="miseenevidence">peuvent consentir</span>, à titre accessoire, <span class="miseenevidence">des prêts</span> à moins de 3 ans à d'autres sociétés avec lesquelles elles entretiennent des relations économiques (on parle de « prêt intergroupe » ou de « pool de trésorerie »).
À noter
Il n'y a pas de compte courant d'associé dans une <span class="miseenevidence">entreprise individuelle</span>.
Quelles sommes peuvent alimenter le compte courant d'associé ?
Le compte courant est alimenté de <span class="miseenevidence">l'une des façons suivantes</span> :
- Par la rémunération du dirigeant
- Par les éventuels <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R1005">dividendes</a> ou remboursements de frais qui n'ont pas été perçus
- Par des sommes d'argent déposées volontairement par l'associé, le dirigeant
Dans tous les cas, la personne qui réalise l'avance en compte courant dispose d'une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R12474">créance</a> à l'égard de la société. Les avances en compte courant sont donc enregistrées au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R57061">passif</a> du bilan de la société.
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Code général des impôts : article 39
Déduction des intérêts des comptes courants d'associés du bénéfice net de la société
Lorsque le compte courant d'associé est <span class="miseenevidence">débiteur</span>, cela équivaut à un <span class="miseenevidence">découvert de compte courant</span>. Cela signifie que l'associé doit de l'argent à la société.
Il est <span class="miseenevidence">interdit</span> aux personnes suivantes d'avoir un compte courant débiteur :
- Dirigeants et associés personnes physiques d'une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R24383">SARL</a>
- Administrateurs et directeurs généraux d'une SA et <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38677">SAS</a>.
En revanche, une personne morale (c'est-à-dire une société) peut avoir un compte courant débiteur. Cette pratique est courante dans les groupes de sociétés.
À noter
Dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R38211">SCI</a> et dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R31844">Scop</a>, les comptes courants détenus par les <span class="miseenevidence">associés personnes physiques</span> peuvent être débiteurs.
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Code de commerce : article L223-21
Interdiction pour les dirigeants ou associés de SARL d’avoir un compte courant débiteur
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Code de commerce : article L227-12
Interdiction au président et directeur de SAS d’avoir un compte courant débiteur
Le compte courant d'associé est un <span class="miseenevidence">prêt consenti à la société par un associé</span>. Il peut donc être rémunéré, comme un emprunt bancaire, par le <span class="miseenevidence">versement d'intérêts</span> à cet associé.
Si l'associé est une personne physique, il n'est pas obligé de percevoir des intérêts et peut librement y renoncer. En revanche, lorsque l'associé qui consent l'avance en compte courant est une société ou une association, l'avance en compte courant est obligatoirement rémunérée.
Le taux d'intérêt est fixé par les statuts ou par la <span class="miseenevidence">convention de compte courant</span> conclue entre la société et l'associé.
Les intérêts versés aux associés constituent des charges financières qui sont déductibles du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">résultat fiscal</a> de la société.
Toutefois, cette déduction est limitée fiscalement par un taux maximal d'intérêts déductibles, également appelé « taux de référence ». Son montant varie <span class="miseenevidence">en fonction de la date de clôture</span> de l'exercice de la société.
Ainsi, lorsque le taux d'intérêt (fixé par les statuts ou la convention) est <span class="miseenevidence">supérieur au taux de référence</span>, la partie excédentaire des intérêts versés à l'associé <span class="miseenevidence">n'est pas déductible</span> du bénéfice imposable.
Clôture de l'exercice | Taux de référence |
Du 31 mai au 29 juin 2025 | <span class="valeur">5,32 %</span> |
Du 30 juin au 30 juillet 2025 | <span class="valeur">5,16 %</span> |
Du 31 juillet au 30 août 2025 | <span class="valeur">5,07 %</span> |
Du 31 août au 29 septembre 2025 | <span class="valeur">4,97 %</span> |
Du 30 septembre au 30 octobre 2025 | <span class="valeur">4,81 %</span> |
Du 31 octobre au 29 novembre 2025 | <span class="valeur">4,73 %</span> |
Du 30 novembre au 30 décembre 2025 | <span class="valeur">4,64 %</span> |
Du 31 décembre au 30 janvier 2026 | <span class="valeur">4,55 %</span> |
Du 31 janvier au 27 février 2026 | <span class="valeur">4,49 %</span> |
Du 28 février au 30 mars 2026 | <span class="valeur">4,44 %</span> |
Du 31 mars au 29 avril 2026 | <span class="valeur">4,39 %</span> |
Du 30 avril au 30 mai 2026 | <span class="valeur">4,37 %</span> |
Du 31 mai au 29 juin 2026 | <span class="valeur">4,34 %</span> |
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Taux maximal des intérêts déductibles
En général, les conditions de remboursement du compte courant d'associé sont précisées dans les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F32232">statuts</a> ou dans la convention de compte courant.
En l'absence de précision, la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R12474">créance</a> de l'associé à l'égard de la société est <span class="miseenevidence">remboursable à tout moment</span>.
Lorsque l'associé en fait la demande, la société dispose d'un <span class="miseenevidence">délai de 5 ans</span> à compter de la demande pour rembourser la créance.
À savoir
L'associé peut <span class="miseenevidence">renoncer</span> à son droit à remboursement.
Le remboursement du compte courant peut-il être bloqué ?
<span class="miseenevidence">Bloquer un compte courant d'associé</span> signifie que la société n'a plus l'obligation de rembourser les fonds apportés. La société dispose alors de véritables capitaux permanents.
Cette décision est prise soit à <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R63334">l'unanimité</a> de l'assemblée générale des associés, soit dans une <span class="miseenevidence">convention de blocage</span> (un contrat) signée entre la société et l'associé. Elle sert ainsi de <span class="miseenevidence">garantie</span> à l'occasion de l'octroi de crédits par un établissement bancaire.
La société peut-elle refuser de rembourser le compte courant ?
Lorsque l'associé réclame le remboursement de son compte courant, la société <span class="miseenevidence">ne peut pas le refuser</span> (même en raison de difficultés financières). Elle ne peut pas non plus limiter le remboursement au montant que sa trésorerie peut supporter.
En revanche, la société peut réclamer des <span class="miseenevidence">délais de paiement</span> (limités à 2 ans) pour rembourser le compte courant.
Que se passe-t-il en cas de redressement ou de liquidation judiciaire de la société ?
Après l'ouverture d'une<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R74368"> procédure collective</a>, la société n'a plus le droit de rembourser un compte courant d'associé. L'associé doit donc, comme tout créancier, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F22359">déclarer sa créance</a> auprès du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R60518">mandataire judiciaire</a> ou du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R67385">liquidateur judiciaire</a>.
Dans cette hypothèse, l'associé est remboursé après les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R54850">créanciers privilégiés</a> de la société et si les finances de la société le permettent.
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Délai de paiement limité à 2 ans
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Code de commerce : article L622-24
Déclaration de créances
Les <span class="miseenevidence">règles fiscales applicables</span> aux comptes courants d'associé sont différentes pour la société bénéficiaire des avances et l'associé titulaire du compte courant.
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Les intérêts versés à l'associé sont des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">charges financières déductibles du résultat</a> de l'entreprise à condition que l'entreprise respecte les <span class="miseenevidence">2 conditions</span> suivantes :
- Le capital social est intégralement <span class="miseenevidence">libéré</span> (c'est-à-dire que les associés doivent avoir versé la totalité de leur <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=R61783">apport</a> au capital de l'entreprise).
- Le taux d'intérêt pratiqué n'excède pas le <span class="miseenevidence">taux de référence</span> (on se réfère au taux brut avant imposition)
À savoir
Lorsque le taux d'intérêt fixé est <span class="miseenevidence">supérieur au taux de référence</span>, la partie excédentaire constitue une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F31973">charge non déductible</a> du bénéfice de la société. Chaque compte courant doit être examiné séparément et il ne peut y avoir compensation entre un excédent d'intérêt constaté pour un compte courant et une insuffisance pour un autre.
Par ailleurs, les avances en compte courant constituent une forme de <span class="miseenevidence">prêt</span>.
L'entreprise qui en bénéficie doit ainsi déposer <span class="miseenevidence">chaque année</span> une déclaration de contrat de prêt (cerfa n° 10142), au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat.
Formulaire
Déclaration de contrat de prêtCerfa n° 10142
Ministère chargé des finances
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La fiscalité est différente selon que l'associé titulaire du compte courant est une personne physique ou une personne morale.
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Les intérêts perçus par l'associé personne physique constituent des revenus de capitaux mobiliers.
Ils sont imposés au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F2613">prélèvement forfaitaire unique (PFU)</a> de <span class="valeur">31,4 %</span> ou au <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F1419">barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR)</a>.
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Lorsque la société est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), les intérêts perçus par l'associé sont des produits financiers imposés à <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F23575">l'impôt sur les sociétés (IS)</a>.
Cependant, lorsque l'entreprise a opté pour l'impôt sur le revenu (IR), les intérêts perçus sont imposés au titre de<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=N23456">l'impôt sur le revenus (IR)</a>dans la catégorie des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-entreprises/?xml=F32919">bénéfices industriels et commerciaux (BIC</a>).
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Code général des impôts : article 125 A
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les intérêts des comptes courants d’associés
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Délai de paiement limité à 2 ans
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Code de commerce : article L223-21
Interdiction pour les dirigeants ou associés de SARL d’avoir un compte courant débiteur
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Code de commerce : article L227-12
Interdiction au président et directeur de SAS d’avoir un compte courant débiteur
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Code général des impôts : article 39
Déduction des intérêts des comptes courants d'associés du bénéfice net de la société
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Code général des impôts : article 125 A
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les intérêts des comptes courants d’associés
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Code général des impôts : article 212
Intérêts afférents aux sommes laissées ou mises à disposition d'une entreprise par une entreprise liée, directement ou indirectement
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Taux maximal des intérêts déductibles
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Liasse fiscale du régime réel normal (BIC/IS)
Formulaire
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Déclaration de contrat de prêt
Formulaire
Et aussi
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Fiscalité
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Imposition des produits de placement à revenus fixes
Argent - Impôts - Consommation
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Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement
Fiscalité
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Charges déductibles du résultat fiscal d'une entreprise
Fiscalité
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Déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective
Difficultés financières
