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Fiche pratique
Exécution d'une décision du juge civil
Vérifié le 22/07/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Vous souhaitez savoir comment une décision rendue en matière civile <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R60006">s'exécute</a> ? Nous vous présentons les informations à connaître.
L’<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R60006">exécution</a> d'une décision civile peut être exigée à partir du moment où elle est <span class="miseenevidence">exécutoire</span>.
Ce caractère exécutoire (ou <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R51102">force exécutoire</a>) est <span class="miseenevidence">immédiat</span>. Mais, parfois, il faut attendre le moment où la décision ne peut plus être contestée (on dit alors qu'elle passe en <span class="miseenevidence"><a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R15859">force de chose de jugée</a></span>).
Le juge a le pouvoir d'accorder des <span class="miseenevidence">délais supplémentaires</span> pour l'exécution.
Exécution provisoire de droit (immédiate)
Le principe est qu’on peut obtenir l’exécution d'une décision dès lors qu'elle est <span class="miseenevidence">prononcée et <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R14732">notifiée</a></span> et qu'elle porte mention de la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R64500">formule exécutoire</a>. C’est la règle de l’<span class="miseenevidence"><a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R70526">exécution provisoire</a> de droit</span>.
Cette règle concerne l’ensemble des <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F2289">jugements civils rendus en première intance</a> (jugement du juge aux affaires familiales, du tribunal de proximité...). Elle permet de faire exécuter une décision même si les délais de recours ne sont pas expirés, et même si la partie condamnée fait un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R65631">recours.</a>
À savoir
Le juge peut, dans sa décision, écarter totalement ou partiellement l'exécution provisoire <span class="miseenevidence">si elle est incompatible avec la nature de l'affaire</span>. Il peut le faire à son initiative ou à la demande d’une partie, en précisant les raisons pour lesquelles il décide d'écarter l'exécution provisoire.
Exécution quand la décision est passée en force de chose jugée
Certaines décisions ne bénéficient pas de l'exécution provisoire de droit.
Dans ce cas, la décision devient exécutoire quand elle passe en <span class="miseenevidence">force de chose jugée</span>, c’est-à-dire après l’expiration des délais de recours (<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1384">appel</a>, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1386">opposition</a>), <span class="miseenevidence">et</span> si aucun recours n’est exercé.
Cela concerne les décisions suivantes :
- Décisions statuant sur la nationalité
- Décisions concernant la rectification ou l'annulation des actes d'état civil
- Décisions statuant sur le choix du prénom lors de la déclaration de naissance
- Décisions concernant les demandes de changement de nom ou de prénoms
- Décisions concernant les demandes en modification de sexe sur les actes d'état civil
- Décisions de déclaration d'absence d'une personne
- Décisions sur la<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R38490"> filiation</a> et les <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R31267">subsides</a>
- Décisions concernant l'adoption
- Décisions prononçant le divorce ou la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F980">séparation de corps et de biens</a>.
Pour toutes ces décisions, c'est la règle de <span class="miseenevidence">l’exécution provisoire facultative</span> qui s'applique. C’est le juge qui décide, à son initiative ou à la demande d’une partie, si la décision est exécutoire immédiatement ou pas.
Le juge doit préciser dans la décision les raisons pour lesquelles il décide d'ordonner l'exécution provisoire.
Exécution reportée par un délai de grâce
Le juge peut accorder un délai supplémentaire pour l'exécution de la décision. C'est ce qu'on appelle un <span class="miseenevidence">délai de grâce</span>. Il faut <span class="miseenevidence">attendre l'expiration<MiseEnEvidence> de ce délai</span></MiseEnEvidence> pour pouvoir exiger l'exécution.
Quand le jugement doit être <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R14732">notifié</a> ou <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R10915">signifié</a>, le délai de grâce court à compter de la date de notification ou de signification. Dans les autres cas, il court à compter de la date du prononcé du jugement.
Les effets de l'appel sont différents pour les décisions avec <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R70526">exécution provisoire</a> et celles sans exécution provisoire.
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Avec l'exécution provisoire (de droit ou ordonnée par le juge), l'appel <span class="miseenevidence">n'a pas d'effet suspensif</span> : <span class="miseenevidence">le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12468">débiteur</a> doit exécuter</span> la décision <span class="miseenevidence">même s'il fait appel</span>.
Si le débiteur fait appel et n'exécute pas la décision, il risque des sanctions. Le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R15912">créancier</a> peut notamment demander la <span class="miseenevidence">radiation</span> de l'appel, c'est-à-dire le retrait du dossier du registre des audiences.
En cas de radiation de l'appel, le débiteur a <span class="miseenevidence">2 ans</span> pour exécuter la décision (ou consigner les sommes dues) et demander la poursuite de la procédure. Sinon, la <span class="miseenevidence">péremption</span> d'instance peut être constatée par le juge : le dossier est alors <span class="miseenevidence">définitivement clôturé</span> et un nouvel appel est impossible.
Attention :
Si la cour d'appel annule une décision déjà exécutée, il faut rembourser les sommes et/ou restituer les biens gagnés en première instance.
En cas d'appel, le débiteur peut demander au premier président de la cour d'appel de <span class="miseenevidence">suspendre l'exécution provisoire</span>.
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L'appel a un <span class="miseenevidence">effet suspensif </span>pour les décisions sans exécution provisoire : l<a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R64476">'exécution forcée</a> est impossible pendant le délai d'appel et pendant la procédure en appel.
Le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R15912">créancier</a> qui veut que la décision soit exécutée, malgré l'appel du <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12468">débiteur</a>, peut demander au premier président de la cour d'appel d'ordonner en <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R57732">référé</a> l'exécution provisoire.
Celle-ci doit être compatible avec la nature de l'affaire. Elle ne doit pas risquer d'entraîner des conséquences manifestement excessives.
Attention :
Si l'exécution provisoire a déjà été refusée dans la décision attaquée, le créancier doit en plus démontrer qu'il y a urgence.
Les décisions civiles se <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R16087">prescrivent</a> dans un <span class="miseenevidence">délai de<MiseEnEvidence> <span class="valeur">10</span> </span></MiseEnEvidence><span class="miseenevidence">ans</span>. Passé ce délai, l'exécution forcée n'est plus possible.
<span class="miseenevidence">Les actes d'exécution forcée</span> (saisie bancaire, <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R62464">saisie-vente d'un bien</a> par exemple, ou simple <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R2698">commandement de payer</a>) réalisés pendant le délai de 10 ans vont interrompre le délai prescription. Dans ce cas, un nouveau délai de 10 ans commence à courir à compter de cet acte d’exécution forcée.
Quand une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R64439">partie</a> est condamnée par une décision devenue exécutoire à verser une somme d’argent, un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F20688">taux d’intérêt légal</a> s’applique à cette somme. C’est une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F783">contrainte financière</a> qui pèse sur cette personne pour <span class="miseenevidence">l’obliger à exécuter</span> la décision le plus rapidement possible. Si la décision n’est pas exécutée totalement dans les <span class="valeur">2</span> mois à compter du jour où elle est devenue exécutoire, le taux d’intérêt légal est majoré de <span class="valeur">5 %</span>.
Pour une <span class="miseenevidence">exécution volontaire</span> de la décision, les parties n'ont pas besoin de faire intervenir un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F2158">commissaire de justice</a>.
Le débiteur (celui qui a perdu) peut exécuter la décision <span class="miseenevidence">spontanément</span> sans attendre la réclamation du créancier ou d'un commissaire de justice.
Le créancier (celui qui a gagné) peut s'adresser directement au débiteur en vue d'une exécution amiable du jugement.
Les parties peuvent fixer amiablement les conditions d'exécution du jugement (notamment prévoir un délai, un échéancier).
À noter
Si les parties sont représentées par des avocats, ils peuvent servir d'intermédiaires.
Si l'exécution amiable échoue, le créancier peut envisager l'exécution forcée de la décision avec un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F2158">commissaire de justice</a>.
L'exécution forcée nécessite une <span class="miseenevidence">notification préalable</span> de la décision au débiteur.
Le créancier doit être en possession d'une <span class="miseenevidence">copie exécutoire</span> de la décision et la remettre à un <span class="miseenevidence">commissaire de justice </span>afin qu'il procède à l'exécution forcée.
Notification de la décision
Dans certaines procédures, le greffe notifie la décision aux parties. C'est le cas, par exemple, en matière prud'homale, en matière de sécurité sociale ou de fixation de pension alimentaire.
La notification par le greffe se fait <span class="miseenevidence">par lettre recommandée avec demande d'avis de réception</span> (LRAR).
Quand la notification n'est pas effectuée par le greffe ou en cas d'échec de la notification par le greffe (LRAR non distribuée ou non réclamée), les parties doivent procéder par voie de <span class="miseenevidence"><a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R10915">signification</a></span>.
Le juge peut exceptionnellement permettre l'<span class="miseenevidence">exécution de la décision au seul vu de la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R46344">minute</a></span>, si cela est nécessaire. Cela concerne notamment les ordonnances de référé ou <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R59170">ordonnances sur requête</a>.
Dans ce cas, un original de la décision de justice est remis au bénéficiaire et <span class="miseenevidence">la présentation de l'original à l'adversaire vaut notification</span>.
Délivrance de la copie exécutoire de la décision
La copie exécutoire est une copie certifiée conforme sur laquelle est apposée la <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R64500">formule exécutoire</a>. Sans cette copie, l'exécution forcée est impossible.
Chaque partie peut <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1379">obtenir la copie exécutoire</a> <span class="miseenevidence">gratuitement</span> auprès du greffe du tribunal qui a rendu la décision.
Il est possible d'obtenir<span class="miseenevidence"> une seconde copie exécutoire </span>pour un motif légitime (par exemple, perte du document, plusieurs débiteurs).
À savoir
Si la décision est notifiée par le greffe, la copie exécutoire doit mentionner les dates de cette notification.
Intervention du commissaire de justice
L'intervention d'un <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F2158">commissaire de justice</a> est <span class="miseenevidence">obligatoire</span>.
Il a le <span class="miseenevidence">monopole de l'exécution forcée </span>des décisions exécutoires.
Attention :
Faire soi-même une exécution forcée est interdit et parfois sévèrement sanctionné. Par exemple, un propriétaire qui expulse lui-même un locataire risque jusqu'à <span class="miseenevidence">3</span> ans de prison et <span class="valeur">30 000 €</span> d'amende.
Le commissaire de justice a une compétence territoriale délimitée pour procéder à une exécution forcée. Il faut choisir un commissaire de justice qui exerce dans le ressort de la cour d'appel du<span class="miseenevidence"> domicile du débiteur</span>. Par exemple, un commissaire de justice de Lille ne peut pas faire une exécution forcée auprès d’un débiteur domicilié à Marseille.
Le commissaire de justice peut récupérer l'argent que le débiteur doit en faisant <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1751">saisir et vendre ses biens</a> ou en pratiquant <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1850">une saisie sur compte bancaire</a> ou une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F115">saisie sur salaire</a>.
C'est aussi le commissaire de justice qui procède aux <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F31272">expulsions locatives</a>.
En cas de revenus insuffisants pour payer un commissaire de justice pour signifier et exécuter une décision, il est possible de bénéficier de <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F18074">l'aide juridictionnelle</a>.
En cas de difficultés d'exécution, Le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F35820">juge de l'exécution</a> peut être saisi par le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12468">débiteur </a>ou le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R15912">créancier</a>.
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Quand le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R15912">créancier</a> a une décision favorable et qu’il rencontre des difficultés pour la faire exécuter, il peut saisir le <span class="miseenevidence"><a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F35820">juge de l’exécution</a></span>.
C'est le cas lorsque que la personne condamnée <span class="miseenevidence">n’exécute pas la décision</span> ou que l’inexécution cause un préjudice (matériel, financier...) au créancier.
Il peut alors demander<span class="miseenevidence"> réparation de ce préjudice </span>ou obtenir une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R16772">astreinte</a>, une mesure <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R40627">conservatoire</a>, une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F115">saisie sur rémunération</a>.
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Le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=R12468">débiteur</a> peut saisir le <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F35820">juge de l'exécution</a> s’il <span class="miseenevidence">conteste </span>la mesure d'exécution forcée (par exemple, une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1850">saisie sur compte bancaire</a>, une <a href="https://www.pignans.fr/mes-demarches-associations/?xml=F1751">saisie des meubles</a>).
Le juge de l'exécution peut <span class="miseenevidence">suspendre l’exécution de la décision</span> ou accorder un <span class="miseenevidence">échelonnement de la dette</span> pendant <span class="valeur">2</span> ans au maximum.
Il peut également accorder des délais (de <span class="valeur">1 </span>mois à <span class="valeur">1</span> an) en cas <span class="miseenevidence">d'expulsion locative</span>.
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Code de procédure civile : articles 502 à 508
Conditions générales de l'exécution
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Code de procédure civile : articles 510 à 513
Délai de grâce
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Code de procédure civile : articles 514 à 524
Exécution provisoire
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Code de procédure civile : 514-1 à 514-6
Exécution provisoire de droit
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Code de procédure civile : 515 à 517-4
Exécution provisoire facultative
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Code de procédure civile : articles 1079 à 1080
Exécution provisoire interdite
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Code des procédures civiles d'exécution : articles L111-1 à L111-11
Titre exécutoire et frais de commissaire de justice
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Code des procédures civiles d'exécution : articles L412-1 à L412-8
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Code monétaire et financier : articles L313-2 et L313-3
Taux d’intérêt légal et majoration des sommes dues
